Mieux connaître le Phragmite

Le phragmite (Phragmites australis) est une plante exotique, qui est communément appelée roseau commun. Celui-ci est employé depuis des siècles en Europe pour couvrir les toitures de chaume. Au Canada, le roseau indigène et la quenouille sont surpassés et disparaissent progressivement sous la pression du roseau européen. Ainsi, plus de 95 % des populations de roseau que l’on rencontre au Québec serait du roseau commun.

Cette plante herbacée vivace se retrouve principalement dans les milieux humides, le long des rives des plans d’eau ainsi que dans les fossés agricoles. Elle est très résiliente et arrive même à former des colonies dans des milieux plus secs. Le phragmite peut atteindre 5 mètres de hauteur et dans les pires infestations, on peut dénombrer plusieurs centaines de tiges par mètre carré.

Celle-ci se reproduit tant de façon végétative que sexuée. Ses rhizomes croisent horizontalement de plusieurs mètres annuellement. Sa propagation fulgurante lui permet de coloniser des surfaces de plusieurs hectares très rapidement. Chaque phragmite supporte une inflorescence produisant des milliers de graines chaque année. Sa dispersion s’effectue de manière naturelle par le vent et l’eau, mais également de manière anthropique par les équipements d’entretien de fossés, par les VTT ainsi que par toutes les personnes qui la cueille pour se faire des bouquets.

Comment arrêter l’envahissement de phragmite?

Le CEGM travaille au contrôle du phragmite sur le site du Boisé du parc Marcel-Laurin depuis 2016.  Notre opération est un succès car aucune tige de roseau commun vivante n’a été recensée dans les zones de contrôle après le retrait des géomembranes.

Nous avons d’ailleurs commencé la restauration de ces surfaces par l’ensemencement d’herbacées indigènes au cours de la saison 2019.

Plusieurs moyens de contrôle s’offrent à vous mais en aucun moment il ne faut généraliser ou privilégier une technique mais comme nous vous l’avons indiqué avec le nerprun, il faut s’adapter au milieu et aux espèces que l’on désire protéger. 

  • Le brûlage contrôlé ainsi que l’application herbicide sont des techniques assez efficaces, utilisées aux États-Unis et en Ontario, mais elles doivent s’effectuer dans des conditions idéales et représentent des risques majeurs pour l’environnement. C’est pour cette raison que nous déconseillons l’utilisation de ces techniques.
  • Couper la tige, puis couper mécaniquement le rhizome sous la surface du sol ou sous l’eau.  Cette méthode nécessitera plusieurs passages au cours de la saison estivale sinon réaliser un seul passage à la fin-juillet si vos ressources sont limitées.
  • Le bâchage nécessite la fauche des surfaces que vous recouvrez d’une toile géotextile pour plusieurs mois voire même plusieurs années. Au retrait de la toile, il est essentiel de revégétaliser le site avec des plantes indigènes. Attention, si vous utilisez une membrane de plastique, celle-ci pourra être perforée par les tiges de roseau sec que vous avez fauchées. Surtout si des personnes marchent sur vos bâches. Ceci pourra permettre à des tiges de voir la lumière et de survivre.
  • Faucher de façon répétée. Cette technique est fréquemment utilisée pour l’entretien de fossés. Elle doit être faite à la fin-juillet ou au début d’août. Nettoyez vos équipements sur le site afin d’éviter la dispersion des graines.

Saviez-vous, qu’un seul fragment de 25 grammes de racine de roseau peut reformer un nouveau plant! Il est donc primordial que vous disposiez du phragmite au bac de déchets. Il ne faut jamais la composter!

Contactez-nous avant d’entreprendre un projet lié au phragmite, vous pourriez vous éviter des problèmes de dispersion.